Gioachino Rossini

PESARO, ITALIE, 29 FÉVRIER 1792 – PASSY, FRANCE, 13 NOVEMBRE 1868

Fils de musiciens professionnels, le jeune Rossini apprend la musique sur le tas, en jouant l’alto ou le cor dans les orchestres des théâtres de province où chante sa mère. Quasi autodidacte, il commence très jeune à composer : les Sonates à quatre dès 12 ans, un premier opéra à 20 ans. Après des débuts officiels à Venise en 1810, Rossini s’impose graduellement à travers toute l’Italie, tant dans le genre tragique (Tancrède, 1813) que comique (L’Italienne à Alger, 1813). Bientôt, son succès gagne toutes les grandes capitales européennes et il est considéré, à 23 ans, comme le plus grand compositeur vivant. Au sommet de sa gloire, Rossini puise ses sujets chez Shakespeare (Otello, 1816), Walter Scott (La dame du lac, 1819), Racine (Ermione, d’après Andromaque, 1819), Perreault (Cendrillon, 1817) et même la bible (Moïse en Égypte, 1818). Il s’installe ensuite à Paris, où il devient compositeur officiel, engagé par le roi. Aux Parisiens il offre d’abord une œuvre comique, Le comte Ory (1828), puis un grand opéra romantique d’après Schiller, Guillaume Tell (1829), resté célèbre surtout pour sa brillante Ouverture. Puis, à la  surprise générale, peut-être victime de ce que nous appellerions aujourd’hui un burn out, Rossini renonce à la scène. Grand angoissé sous des allures de bon vivant, ce travailleur acharné avait tout de même composé 39 opéras en 19 ans, constamment revus, corrigés et adaptés. Il ne sortira de son mutisme musical que pour quelques œuvres, principalement un Stabat Mater, une Petite messe solennelle et de petites pièces pour piano intitulées Péchés de vieillesse. Il meurt en 1868, adulé et couvert d’honneurs. Son œuvre sombrera dans un oubli plus ou moins profond pendant près d’un siècle, avant de connaître une renaissance à partir des années 1950, grâce à plusieurs chanteurs spécialisés dans le chant rossinien, de Marilyn Horne à Cecilia Bartoli. Seul Le barbier de Séville (1816), chef-d’œuvre incontestable et universellement admiré, n’a jamais connu l’oubli et reste depuis ses débuts – pourtant chaotiques – un véritable pilier du répertoire.