Gian Carlo Menotti

Cadegliano (Italie), 1911 – Monte-Carlo, 2007

Talent précoce, Menotti entreprend ses études musicales à l’âge de sept ans auprès de sa mère. Il a le temps d’écrire deux petits opéras avant d’être admis au Conservatoire de Milan six ans plus tard. En 1928, il s’installe aux États-Unis pour compléter sa formation au Curtis Institute de Philadephie. C’est là qu’il fait jouer sa première œuvre d’adulte, Amelia Goes to the Ball (1937), bientôt reprise avec succès à New York, au Metropolitan Opera. C’est le point de départ d’une longue et fructueuse carrière, au cours de laquelle Menotti explorera tous les aspects de son art. Les titres s’enchaînent : The Old Maid and the Thief (1939), créé d’abord à la radio avant d’être joué sur scène deux ans plus tard ; The Medium (1947), dont Menotti dirigera une version filmée en 1951 ; The Consul (1950), créé sur Broadway et qui vaut à son auteur un prix Pulitzer pour la musique ; Amahl and the Night Visitors (1951), opéra écrit pour la télévision mais joué sur scène plus de 2500 fois depuis ; et The Saint of Bleecker Street (1954), qui remporte un second prix Pulitzer. Talent très éclectique, Menotti écrit tous les livrets de ses opéras, mais il lui arrive aussi d’en offrir à d’autres ; c’est le cas notamment pour Vanessa (1958), de son ami Samuel Barber. En plus d’assurer la mise en scène de ses opéras, il fera jouer des pièces de théâtre, enseignera au Curtis Institute, sans arrêter de composer des opéras, mais aussi des ballets, des cantates et des concertos. En 1958 il fonde le Festival des deux mondes, à Spolète en Italie, dont il assure la direction pendant quarante ans, puis un second festival à Charleston (Caroline du Nord) en 1977. Malgré le retentissement moins grand de ses créations à partir des années 1960, il poursuit son œuvre et compose plusieurs opéras pour enfants, ainsi que d’autres écrits spécialement à l’intention de certains grands chanteurs : La loca (1979), pour Beverly Sills, et Goya (1986) pour Plácido Domingo. Toujours soucieux de communiquer avec son public, il conjugue tradition et modernisme, avec des envolées lyriques dignes du bel canto et des dissonances bien de son temps. Il continue de travailler et de créer pratiquement jusqu’à sa mort en 2007.