George Gershwin

New York, 1898 – Hollywood, 1937

Fils d’immigrants juifs originaires de Russie, c’est un enfant peu studieux qui préfère les ruelles de Brooklyn aux bancs de l’école. Il découvre la musique à douze ans, quand un piano fait son apparition dans l’appartement familial. Il y improvise aussitôt avec tant de facilité que ses parents lui paient des leçons, auxquelles s’ajoutent bientôt des cours de théorie et d’harmonie avec un ancien élève du compositeur d’opéra Mascagni. À 16 ans, il quitte l’école pour travailler chez un éditeur de musique, dans la célèbre « Tin Pan Alley ». Son emploi consiste à jouer au piano des chansons dans le but de les vendre. Il devient ensuite accompagnateur dans un théâtre de Broadway et parvient à inclure quelques-unes de ses propres chansons dans les spectacles. Bientôt, il écrit sa première comédie musicale, La, la, Lucille (1919) et obtient un premier vrai succès avec une de ses chansons, Swanee (1920), popularisée par Al Jolson. Une vingtaine d’autres « musicals » suivront en une quinzaine d’années, dont Lady be Good! (1924), Oh, Kay! (1926), Funny Face (1927) et Girl Crazy (1930), desquels sont tirées plusieurs de ses chansons à succès. Il s’est adjoint son frère Ira comme parolier et tous deux écriront de nombreux classiques du « Great American Songbook ». Désireux de contribuer à l’essor de la musique américaine, il crée en 1924 la Rhapsody in Blue, tentative de fusion entre le jazz et la musique classique qui séduit les critiques et le public. Il poursuit dans cette voie, avec notamment le Concerto en fa pour piano (1925) et la suite pour orchestre An American in Paris (1928). Très en demande, il effectue des séjours en Europe, où il rencontre tous les compositeurs importants de l’époque : Prokofiev, Weill, Lehár, Berg... Ravel, qu’il admire, refuse de lui donner des leçons de composition, mais lui prodigue des encouragements. Schoenberg devient même son partenaire de tennis. Au début des années 30, il part tenter sa chance à Hollywood comme compositeur de musique de films, tout en rêvant à des œuvres de plus grande ampleur. Dès 1933, il se lance dans un projet d’opéra qui n’aboutira que deux ans plus tard : Porgy and Bess. Créée sur Broadway, l’œuvre est d’abord considérée comme un musical mais finit par se frayer un chemin sur les plus grandes scènes lyriques du monde, pour devenir l’opéra américain le plus populaire à ce jour. Il meurt prématurément en 1937, d’une fulgurante tumeur cérébrale, laissant à son frère Ira le soin de gérer une œuvre immense, où scintillent à chaque page des trésors d’invention mélodique et rythmique.