Engelbert Humperdinck

Siegburg, près de Bonn, 1854 – Neustrelitz, 1921

Fils d’un maître d’école, il prend des leçons de piano dès l’âge de sept ans et chante dans le chœur de l’église de sa ville natale. Admis au conservatoire de Cologne en 1872, il y remporte en 1876 une bourse qui lui permet d’aller parfaire sa formation à Munich. Il aime l’opéra depuis son adolescence, alors qu’il découvre le genre lors d’une représentation de Undine, un opéra féerique de Lortzing. Une découverte encore plus importante a lieu pour lui en 1878, alors qu’il assiste à une représentation de L’anneau du Nibelung, qui l’impressionne durablement. Il rencontre Richard Wagner deux ans plus tard qui l’invite à Bayreuth pour participer à la préparation de Parsifal. Il séjourne ensuite quelques années en Espagne, enseigne au Conservatoire de Barcelone, puis rentre en Allemagne où il s’adonne à la direction d’orchestre et à la critique musicale, mais surtout à l’enseignement. C’est seulement à l’aube de la quarantaine qu’il parvient à s’affirmer comme compositeur d’opéra, avec Hänsel et Gretel, son plus grand succès, créé à Weimar en 1893, sous la direction d’un collègue, qui deviendra un ami, Richard Strauss. Inspiré d’un conte des frères Grimm, l’œuvre a toujours été aimée des enfants, mais aussi des adultes, qui apprécient le mélange de folklore et de musique savante, l’orchestration raffinée et un usage judicieux de la technique wagnérienne du leitmotiv. Humperdinck ne retrouvera jamais par la suite un succès comparable. Il lui faut attendre 1910 pour qu’un autre de ses opéras fasse parler de lui : Königskinder (Enfants de roi), créé au Metropolitan Opera cette année-là, tombera rapidement dans l’oubli, avant de connaître une petite renaissance dans le dernier quart du 20e siècle. Professeur réputé, Humperdinck aura pour élèves plusieurs grands noms, dont Siegfried Wagner, le fils de son mentor, mais aussi Kurt Weill. Un festival musical porte son nom et a lieu chaque année dans sa ville natale.