L’Opéra dans l’œil d’Ingrid Falaise

Dès samedi prochain, nous présenterons en première canadienne l’opéra Written on Skin. Cette œuvre aborde plusieurs sujets actuels, dont les limites du pouvoir de l’emprise d’un être humain sur un autre. Afin de mieux plonger dans cette production, nous vous proposons d’en découvrir les coulisses à travers le regard unique d’Ingrid Falaise. Animatrice, comédienne  et conférencière aux multiples talents, elle est entre autres autrice des livres Le Monstre et Le Monstre, la suite, un récit autobiographique racontant un pan de sa vie sous l'emprise de M, un homme violent. 

En trois actes distincts, nous présenterons les dessous de la quête d’Ingrid à l’Opéra de Montréal.
Voici le premier acte. Ingrid se prépare à sa première incursion chez nous, où elle aura la chance d'assister à une répétition de Written on Skin et de rencontrer l'équipe artistique. Avant tout, elle répond à quelques-unes de nos questions. Bonne lecture!


ACTE I

Comment as-tu réagi lorsque nous t'avons abordé pour créer une première collaboration?

Mardi soir. Il neige à peine dans les rues de Montréal. Je respire l’air d’hiver et je fredonne, sillonnant les rues près du parc Lafontaine. Dans le fond de mon sac, il y a mon cellulaire qui se met à chanter. Sur l’afficheur je lis « Opéra de Montréal ». L’O-P-É-R-A de Montréal est au bout du fil et me propose une collaboration. Je suis tout ouïe, piquée de curiosité. Pourquoi moi? Pourquoi : Ingrid à l’Opéra? Parce que la pièce Written on skin sera présentée à Montréal et que nous portons le même message et dénonçons les mêmes blessures que nous avons balafrées sur la peau. La violence envers les femmes, un sujet qui ne peut être plus d’actualité alors que les mortes sont comptabilisées mois après mois dans notre coin de pays.

Quelle a été ta première expérience avec l’opéra? Es-tu déjà allé à l’opéra ou en écouté un ?

Mon unique contact avec l’Opéra remonte à mon adolescence lorsque ma petite sœur Lili rêvait de devenir cantatrice. Elle poussait les notes de O Mio Babbino Caro sans penser aux voisins. Elle avait du talent. Elle en a encore, mais a préféré les chevaux aux robes à corsets. Je laisse tomber l’imposteur en moi puis, je plonge donc tête première dans cet univers qui m’est inconnu. 

As-tu des préjugés, des idées préconçues sur cet art? Quels sont-ils?

J’ai peur. Je suis pauvre de cet art qui me semble destiné à un public bien précis. Mais j’aime entendre vibrer une voix dans ce style lyrique. Je suis fascinée par la puissance des notes cristallines des sopranos. Ces sons qui, sans micro, se projettent jusqu’au fond de la salle. J’aurai la chance d’être aux premières loges alors je délaisse l’orgueil de l’inculte et j’ouvre le livret de Written on Skin, une œuvre qu’on applaudit à travers le monde. Je suis sur-le-champ aspirée par le sujet. Un propos qui m’émeut, me touche, me chavire.

Quelles questions aimerais-tu poser aux artistes et artisans de cette œuvre?

Mille et une questions défilent dans ma tête. Comment est-ce que la soliste se sent-elle dans la peau du personnage d’Agnès, cette femme qui se voit contrainte à manger le cœur de son amant? Comment a-t-elle apprivoisé ce personnage? Lui a-t-il laissé des marques? Comment s’est-elle préparée? Je me questionne à savoir si elle a regardé la série Le Monstre, son personnage se retrouvant dans la position d’une femme prisonnière d’une relation toxique.

J’ai envie de m’entretenir avec la cheffe d’orchestre, une des rares femmes au monde à exercer ce métier. Comment a-t-elle fait sa place dans un milieu d’homme et d’ailleurs, pourquoi est-ce un milieu masculin?  Est-ce que le sujet fait remonter en elle des émotions différentes qu’à l’habitude? Est-ce que le sujet influence sa façon de diriger?

Plus je m’informe sur cette histoire puissante, plus je suis happée par ce désir d’ouvrir nos regards sur cet Opéra qui se crée en ville, chez nous, avec les artisans d’ici. J’ai le souhait de vous emmener en voyage avec moi, à l’Opéra de Montréal, et de vous faire découvrir une œuvre puissante et importante. J’ai envie de briser les frontières et de rendre accessible Written on skin parce que l’art, ça sert aussi à élever les consciences.
 

Pour en savoir plus : 
Written on Skin, de George Benjamin
25. 28. 30 janvier et 2 février 2020

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ACTE II - PARTIE I: 

ACTE II - PARTIE II :

ACTE III : À VENIR LE 27 JANVIER

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