Grand soir de première

Actualités lyriques

Par Pierre Vachon

20 septembre 2015

Ouf, quelle soirée!

Hier soir, le rideau s'est levé sur une première de saison magique. Les astres semblaient alignés : salle comble, ambiance festive, salle accueillante, habillée de costumes et d'affiches, envahie de gens chic ou sport, et de tous âges. Il se dégageait de tout ce mouvement un bonheur palpable d'être là! C'en était émouvant. Faut dire qu'un hit comme Butterfly attire.

Déjà au préOpéra, rempli à sa pleine capacité, déjà on sentait l'enthousiasme et la fébrilité du public, de cette excitation d'un début de saison en émotions. L'atmosphère était donnée : la soirée serait électrique. À peine mon introduction terminée, des gens venaient me voir pour me signifier qu'ils venaient pour la première fois à l'opéra - ils étaient excités -, dont cette famille avec deux jeunes. Le jeune garçon s'interrogeait : les chanteurs d'opéra ont-ils des micros? Bonne question... J'aurais aimé les revoir après pour connaître leurs premières impressions.

Il me restait 30 minutes avant que le spectacle ne commence. Je me suis alors promené partout pour observer le public qui affluait. Oui, la fébrilité s'installait comme quelque chose de particulier. La foule était diversifiée, cosmopolite, et de tous âges. Et tous semblaient si heureux d'être là. 

Je me faisais la réflexion : on a beau avoir vu Butterfly des milliers de fois, toujours cette oeuvre séduit et attire. Puccini aurait été heureux, lui qui cherchait à émouvoir le public, tous les publics. Il n'a jamais aussi bien réussi qu'avec sa Butterfly qui continue de toucher notre âme depuis 111 ans.

Le rideau se lève et dévoile un décor somptueux mais simple : l'intérieur d'une maison japonaise et devant, deux énormes cerisiers japonais. Les couleurs sont chaudes, l'exotisme du Japon fait son oeuvre dès le départ, aidé par les premières notes de musique qui nous transportent immédiatement au pays du soleil levant.

Puis les chanteurs apparaissent... Tout le monde est en voix et investi de son personnage. Ce qui me frappe, tout au long de la soirée, c'est combien chaque chanteur est investi de son personnage et le vit pour nous le faire vivre. Un courant passe entre nous, spectateurs, et eux, chanteurs. Une sorte de symbiose entre nous tous, sur scène comme dans la salle. Magique, vraiment magique cette expérience de l'opéra.

Quand le rideau tombe, tonnerre d'applaudissements. Et je ne m'étonne nullement : le drame tragique de la jeune geisha bouleverse. Impossible de contenir son émotion!

C'était soir de première à l'opéra. La saison est lancée. On avait le sentiment que c'était à l'opéra que cela se passait hier soir à Montréal.

Blogue

>