qui est falstaff?

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Portrait de pvachon

Irrévérencieux, glouton, grand buveur, «grosse panse, défonceur de lits, briseur de chaises, éreinteur de mules, outre de vin doux, graisse animée... (Boito)», Falstaff est un monde en soi.

En pleine ponte, Verdi écrit dans une lettre à son librettiste Boito : «Gros-ventre est sur le chemin qui mène à la folie. Il y a des jours où il ne bouge pas, où il dort et où il boude; à d'autres moments il crie, il court, il saute, il fait un tas d'histoires... »

Berné, noyé, battu, effrayé, débauché, vantard, poltron, Falstaff n'en est pas moins sympatique. Rien n'arrive à détruire son orgueuil intérieur, lui qui fut en son temps l'ami du prince Henry. Shakespeare le met donc en scène dans Les joyeuses commères de Windsor et dans Henry 4. Son nom serait une déformation de l’historique John Fastolf avec lequel il n’a aucun trait de ressemblance. Le personnage aurait plutôt été inspiré de sir John Oldcastle (à l’origine, le héros de Shakespeare portait d’ailleurs ce nom), exécuté en 1417 comme coupable d’hérésie et de haute trahison.

Falstaff est une figure dramatique immortelle, heureux de vivre comme Don Juan, espiègle comme Till, infatigable rêveur et aventurier comme Don Quichotte, il vit à fond et pratique l'autodérision, conscient que c’est son esprit qui fait l’esprit des autres!

«Il retombe toujours sur ses pieds parce qu'il sait prendre une certaine distance avec l'adversité et regarder la vie avec une ironie qui lui permet de survivre à sa condition... C'est un Don Juan qui a mal vieilli, et qui, à l'âge venu, se retrouve avec des rêves défaits, avec une solitude que ne dénouent pas les virées avec des canailles de la trempe de Bardolphe et Pistolet. Face à cette solitude désabusée, il ne reste à Falstaff que l'ironie et l'humour pour ne pas se tuer, cet humour qui est la politesse du désespoir.» (le baryton Ruggero Raimondi) 

Philosophe notre Falstaff? En tout cas, il possède une certaine grandeur qu'il laisse entendre au troisième acte :

«Monde sans foi! Tout n'est que déclin! Qu'est devenue la vertu ?» Et que dire, à la fin de l'opéra, de sa réaction spirituelle aux moqueries cruelles lorsqu'il lance la réplique : « tout le monde n'est que comédie! »

Falstaff est une création de génie dira le musicologue Jean-Michel Brèque : «un noble ruiné, mais d'un pittoresque inouï dans ses haillons aristocratiques. Il est ivrogne, poltron, voleur, menteur, paillard, mais il n'y a pas chez lui de bassesse, d'hypocrisie, de méchanceté.»

Verdi en fait un «héros émouvant à la naîveté touchante de gros bébé, malgré son allure de clochard en forme de tonneau.» Il est au centre d'une étonnante comédie humaine avec ses personnages colorés, truculents, charmants, rusés... Un ultime feu d'artifice en éclat de rire.

 

Quelques-uns des grands interprètes de Falstaff :

Gabriel Bacquier
Tito Gobbi
Ruggero Raimondi
Bryn Terfel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Falstaff souligne le bicentenaire de Verdi à l'Opéra de Montréal. Il prend l'affiche du 9 au 16 novembre prochain dans une distribution top class: Oleg Bryjak, Marie-Nicole Lemieux, Gianna Corbisiero, Aline Kutan, Antonio Figueroa, Gregory Dahl.

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