Richard Wagner

Leipzig, 1813 — Venise, 1883

Dès l’enfance, sa famille voyage beaucoup pour cause de théâtre; Wagner est pratiquement né dans le théâtre. À Dresde, il est figurant dans le Freischütz de Weber, un intime de la famille à cette époque. Dès lors Wagner sait qu'il sera homme de théâtre. Et comme nombre de romantiques allemands, il cultive l'amour des tragédiens grecs, de Shakespeare, de Gœthe. De même, il partage avec ses contemporains l'amour du Moyen-Âge, des légendes qui, pour lui, seront la redécouverte du patrimoine nordique, en opposition avec les tendances italianisantes. Pas étonnant que Wagner devienne son propre librettiste, se voyant autant poète que compositeur, homme de théâtre complet qui fera de «l'œuvre d'art totale» le but de sa vie. Son premier véritable succès arrive en 1842 à Dresde avec Rienzi; Wagner y est directeur de la maison d’opéra. Il a déjà à son actif deux ouvrages : Les fées et L'interdiction d'aimer. C’est également à Dresde l’année suivante qu’aura lieu la création du Vaisseau fantôme. Wagner embrasse tout des idées socialistes qui circulent. Aussi sera-t-il aux barricades lors des révoltes de 1848 avec Bakounine. Cela lui vaut l'emprisonnement puis l'exil. Il a déjà commencé son œuvre principal: l'Anneau du Nibelung, mieux connu sous le nom de la Tétralogie ou encore le Ring. Il entre en grande réflexion sur le théâtre musical et se met à une gigantesque tâche théorique qu’il exprime dans Opéra et drame et Une communication à mes amis. Nourri au grand opéra français des Meyerbeer et Halévy, Wagner compose, coup sur coup, ses premiers chefs-d'œuvre : Tannhäuser et Lohengrin. Le premier est créé à Dresde en 1845, le second in absentia pour cause d'exil en 1850 à Weimar sous la baguette de son ami et défendeur indéfectible, le pianiste et compositeur Franz Liszt!  Il connaît des ennuis financiers quelque peu affaiblis par son amitié avec Louis II de Bavière, jeune prince qui l'adore. Wagner se retrouve alors à Munich où seront créés Tristan et Isolde (1865) et Les Maîtres chanteurs de Nüremberg (1868). En 1876, la Tétralogie, l’œuvre de 25 ans de gestation, inaugure son premier Festival à Bayreuth dans son théâtre qui révolutionne le milieu : l'orchestre est sous la scène, mettant le public directement face aux chanteurs. Comme il l’écrit : «la musique est la matrice, le théâtre le moteur.» Enfin, en 1882, Parsifal est créé, le seul opéra vraiment conçu pour son temple devenu sacré. Il meurt à Venise moins d’un an après la création son opus ultime.