Léo Delibes

Saint-Germain du Val, 1836 – Paris, 1891

Peut-être parce qu’il avait étudié avec Adolphe Adam, l’auteur de l’immortelle Giselle, Léo Delibes connaissait les secrets d’un ballet réussi. Coppélia (1870) et Sylvia (1876), avec leurs mélodies accrocheuses et leur orchestration colorée, assurèrent en tout cas sa renommée et suscitèrent l’admiration de Tchaikovsky. Pourtant, comme la plupart des compositeurs de son temps, il rêve de briller sur les scènes lyriques. Tout en complétant un séjour sans gloire au Conservatoire, Delibes offre ses premières œuvres aux deux « pères de l’opérette », Florimond Ronger, dit Hervé, et Jacques Offenbach. Le premier monte Deux sous de charbon ou Le suicide de Bigorneau (1856), sous-titré « asphyxie musicale », dans le petit théâtre qu’il venait d’ouvrir, les Folies-Nouvelles. La même année, Offenbach accueille dans sa salle à lui, les Bouffes-Parisiens, une opérette intitulée Deux vieilles gardes. Delibes travaille comme chef de chœur au Théâtre Lyrique, fief de Charles Gounod, puis à l’Académie Impériale de Musique c’est-à-dire l’Opéra de Paris. Il s’affaire à différents petits boulots, dont la version chant-piano de Faust. Parallèlement, Delibes continue de composer opérettes et opéras-bouffes aux titres intrigants : L’omelette à la Follembuche (1859), Le serpent à plumes (1864) et La cour du roi Pétaud (1869). Avec Le roi l’a dit (1873) puis Jean de Nivelle (1880), il fait enfin son entrée à l’Opéra-Comique, le deuxième théâtre lyrique le plus important de France, lieu que tout compositeur français veut conquérir, de Bizet (Carmen, 1875) à Offenbach (Les contes d’Hoffmann, 1880). C’est là, en 1883, qu’il obtient son plus grand succès avec Lakmé. Ce triomphe reste sans lendemain et Delibes ne produira plus qu’une œuvre, Kassya, drame lyrique inachevé à sa mort en 1891. Ainsi, lui qui avait orchestré Belle Lurette (1880), le dernier opéra-comique d’Offenbach, aura laissé l’orchestration de son ultime opus à Massenet.