Jules Massenet

Montaud, 1842 - Paris, 1912

Fils d’un maître de forges, c’est auprès de sa mère que Massenet reçoit ses premières leçons de piano. À 11 ans, il est admis au Conservatoire National de Paris. Lauréat du Prix de Rome, c’est dans cette ville qu’il rencontre Liszt, qui le mettra en contact avec celle qui deviendra sa femme. De retour à Paris, il entame une carrière prolifique de compositeur de musique instrumentale et vocale, en remportant quelques succès auprès du public de l’Opéra-Comique.

La guerre franco-allemande et l’invasion de Paris en 1870 réduisent à néant tous ses efforts. Le succès — auquel il deviendra abonné — lui revient vite cependant avec Don César de Bazan (1872) et surtout avec un oratorio, Marie-Madeleine, interprété par la grande Pauline Viardot (1873). C’est la première d’une longue lignée d’héroïnes, qui va de La Vierge (1880) en passant par Hérodiade (1881) pour culminer avec Thaïs (1894).

La création du Roi de Lahore (1877) marque l’entrée de Massenet au temple qu’est l’Opéra de Paris. L’année suivante, il est nommé professeur au Conservatoire. Dans les années 1880, se succèdent des ouvrages qui feront la gloire du compositeur et la renommée de l’opéra français : Manon (1884), Le Cid (1885), Werther (1892), Sapho (1897), Cendrillon (1895), Don Quichotte (1910)… La maladie l’empêchera de terminer quelques autres opéras qui seront créés après sa mort (dont Panurge et Cléopâtre).

Tout comme Mozart et Verdi, Massenet compose en ayant en tête ses interprètes, surtout des cantatrices renommées telles Pauline Viardot, Sybil Sanderson, Emma Calvé… Bien que certains de sa trentaine d’ouvrages lyriques ne récoltent pas tous le même succès, la gloire de Massenet s’étend partout en Europe et en Amérique, au point où plusieurs le considèrent comme le plus grand représentant de la tradition lyrique française de son temps. Comme la Carmen de Bizet, c’est à Vienne que son Werther va véritablement triompher, à Bruxelles que Hériodiade trouvera la consécration ; Monte-Carlo aura Le Jongleur de Notre-Dame (1902) et Covent Garden La Navarraise (1894).

Tout au long de sa prolifique carrière, Massenet récoltera autant d’honneurs que d’invectives. Face à ceux qui l’accusent de facilité, il répondra : « Pourtant, l’art c’est si beau pour égayer la vie, rendre le cœur meilleur et la route plus jolie. » Si une bonne part de ses opéras est tombée dans l’oubli, on assiste aujourd’hui à un regain d’intérêt pour certaines de ses partitions que l’on avait autrefois négligées.