Johann Strauss Fils

Vienne, 1825 — 1899

Le Roi de la valse, jamais surnom n'a été aussi bien attaché à un compositeur! On ne saurait énumérer toutes les danses — valses, polkas, quadrilles, galops, marches… — de son catalogue. Sans parler de ses nombreuses opérettes dont il a extrait tant de succès. Johann Strauss fils porte le nom de son père, lequel a formé un orchestre de danse très populaire à Vienne. C'est avec les musiciens de son père que le fils apprend la musique. Or, déjà dans les années 1820, les musiciens de danse forment, comme aujourd'hui, leur propre formation. Ses deux autres frères musiciens Joseph et Édouard feront de même. C’est en septembre 1844 que Johann Strauss fils fonde son orchestre; le premier concert se tient le 15 octobre suivant et présente uniquement ses propres œuvres. Le succès est immédiat et rapidement sa réputation dépasse celle de son père, l‘auteur de la célébrissime Marche de Radetzky (1848), encore et toujours traditionnellement jouée et espérée à chaque Concert du Nouvel An à Vienne. En 1863, Johann Strauss fils est nommé Directeur de musique aux bals de la cour. De cette période datent ses pièces les plus célèbres dont Journaux du matin (1864) Le beau Danube bleu et Vie d'artiste (1867), Histoires de la forêt viennoise (1868) Aimer, boire et chanter (1869), sans compter tous ses succès populaires dans tous les autres genres dansants. Avec son orchestre, il parcourt le monde, de la Russie aux États-Unis, en passant par l'Allemagne, la France et l'Angleterre. En 1871, victime d'une affection chronique, il demande à être relevé de ses fonctions aux bals de cour. La même année, les Habsbourg, qui règnent en maîtres sur Vienne, lui proposent de contrer «l'invasion offenbachienne» dans le théâtre d'opérette. Suivront alors 17 opérettes et un ballet. Mais le succès dans le genre ne lui arrive qu'avec son troisième essai, La chauve-souris (1874), qui demeure encore son plus franc succès et sa plus universellement reconnue réussite. Ne s'imposeront au répertoire que Une nuit à Venise (1883), l'irrésistible Baron tzigane (1885) et la dernière, Wiener Blut (Sang viennois) (1899). Il en tire d’ailleurs des valses éponymes, comme Rose du Sud ou Kaiserwaltz, toutes extraites de l'imposant corpus d'opérettes. À l'opposé d'Offenbach, Strauss n'avait pas le flair pour le théâtre ni le choix des livrets. C'est ce qui explique pourquoi tant de son œuvre théâtral reste dans l'oubli. Il était bien plus compositeur instrumental — d'où la facilité qu'il avait à extraire, parfois même à l'avance!,  divers «morceaux favoris». Par contre ses quelques réussites restent indéniables dans la limite du genre léger et plaisant. Genre auquel il a su apporter des lettres de noblesses certaines.