Un peu de beurre sur votre opéra?

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Portrait de JeanFrancois

Mes plus vieux souvenirs d’opéra ne proviennent pas des vieux vinyles ni des vieilles cassettes à ruban, mais bien du film Carmen de Francisco Rossi. Pendant que je dégustais lentement des oréos détrempés sur le tapis shaggy du salon, la puissante voix de Placido Domingo traversait l’écran de 12 pouces et faisait fondre le cœur de ma mère… tandis que mon père se rinçait l’œil sur les tenues décolletées de Julia Migenes. En 1984, j’avais 8 ans et c’était l’âge d’or du cinéma-opéra. À cette époque, plusieurs réalisateurs avaient plongé dans l’univers de l’opéra afin de rendre hommage à cet art lyrique : Bergman, Carlos Saura, Franco Zeffirelli, etc… Pendant que Robert Altman, Jean-Luc Godard, Derek Jarman et Ken Russell réalisaient Aria, film à sketches exceptionnel reprenant les airs d’Armide, de Rigoletto et de plusieurs autres. Vous y verrez 7 extraits ici.

Mes deux seules expériences à vie à l’opéra – dont La traviata le mois dernier – m’ont  fait réaliser qu’il est plutôt ardu de transposer au cinéma l’éventail d’émotions auquel l’amateur d’opéra est confronté. Et c’est probablement ce que les réalisateurs et producteurs se disent en coulisse présentement. Car avec les récents succès de Mamma Mia! et autres Glee de ce monde, l’industrie du cinéma penche davantage vers la comédie musicale, genre beaucoup plus profitable.

Heureusement, lorsque la musique d’opéra est utilisée avec finesse au cinéma, la magie opère. Ces rares incartades dans le sublime font basculer une simple scène dans quelque chose de poétique et d’intemporel où le spectateur se retrouve vissé à son siège. Que l’on pense à la puissante scène de Philadelphia où Tom Hanks fait découvrir la Callas à Denzel Washington en lui demandant « Do you like opera ? » ou encore à celle du ballet militaire orchestré par Francis Ford Coppola reprenant la chevauchée des Walkyries dans le mythique Apocalypse Now par exemple.

De nos jours, l’opéra au cinéma se décline dans des après-midis passés dans les salles obscures à regarder les mises en scène des grandes salles du MET, de l’Opéra de Paris, de la Scala de Milan et du Royal Opera House. Ces spectacles à prix modique attirent de plus en plus de gens venant se faire l’oreille pour pas cher. Certes, l’idée d’aller à l’opéra en converse et en jeans troués n’est pas mauvaise, mais malheureusement, la force brute de l’opéra doit préférablement se vivre en chair et en os, loin des systèmes de son «Dolby Surround 5.1» et surtout, des infâmes grignoteurs de popcorn de mon acabit.

Un peu d’autopromotion maintenant ! Avant que Le vaisseau fantôme ne largue ses amarres à l’Opéra de Montréal en novembre prochain, le Cinéma du Parc présentera le documentaire exceptionnel Wagner & Me du 19 au 24 octobre. On y fait la rencontre de l’acteur anglais Stephen Fry qui nous offre la chance d’assister à la présentation du Ring au mythique temple sacré de Wagner à Bayreuth, de rencontrer les descendants de Wagner et de confronter du même coup la figure controversée que représente le compositeur dans l’histoire de la musique.

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