Richard Wagner est Québécois

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Portrait de CarleCoppens

La preuve irréfutable en a été donnée le 5 octobre dernier dans Le Devoir.

On y apprend, dans un article de modeste longueur émanant de La Presse canadienne que Richard Wagner vient d’être nommé à la Cour suprême du Canada et qu’il a fait l’objet d’une recommandation unanime du comité de députés chargés de fournir des choix au premier ministre.

Richard Wagner est Québécois, juge, bilingue, possède un baccalauréat en sciences sociales avec concentration en sciences politiques et une licence en droit, porte la raie à gauche, des lunettes à monture noire qui ajoutent, n’en doutez pas, à sa prestance de magistrat.

Selon toute vraisemblance, compte tenu d’un emploi du temps que l’on devine aisément des plus chargés, l’opéra et la littérature demeurent au mieux pour Richard Wagner un modeste violon d’Ingres.

Là où les choses se compliquent, et où nous devenons carrément soupçonneux,  n’ayons crainte de le dire, c’est que Richard Wagner est aussi un écrivain et journaliste roumain de langue allemande, marié au Prix Nobel de littérature 2009, Herta Müller, excusez du peu.

Richard Wagner est Québéco-roumain quadrilingue partageant son temps entre Berlin et Ottawa, juge ayant fait partie d’un groupe d’intellectuels surveillés de près par la Securitate, la police politique secrète roumaine, dans les années 70.

Je ne saurais en conséquence trop vous recommander la plus extrême des précautions lorsque vous abordez la question de l’identité de Richard Wagner.

Laissez-moi maintenant m’interroger.

Combien de petits Woody, tout juste mis au sein, découvrant à tâtons les mystères de la féminité chez les Allen ? De micro-Samantha poussant la note au milieu de la nuit pour réveiller la maisonnée chez les Fox ? De Sergio hyperactifs chez les Tacchini ? Combien de Colonel chez les Sanders, de Général chez les Tao ou les Electric ? Combien ?

Laissez-moi maintenant m’interroger davantage.

À quel funeste esprit d’imitation, quel irrésistible attrait pour une sonorité connue, à quelle force inconsciente les parents succombent-ils en affublant leur progéniture du patronyme de l’un de leurs illustres prédécesseurs ?

J’aimerais savoir.

La classe de mon fils compte un jeune Alphonse Daudet.

Cet enfant enjoué, capable de réciter sans se tromper une seule fois les capitales de tous les États américains, doté d’un redoutable shoot du pied gauche au soccer, découvrira peut-être un jour avec stupéfaction, alors qu’il se croyait courtier en valeurs mobilières qu’il est l’auteur des Lettres de mon moulin.

Sachez qu’en date du 22 octobre 2012, la nébuleuse Facebook nous permet de constater que Carl Jung, bien que savamment coiffé ne compte que 22 amis, que René Char de son côté, s’étant lassé de la poésie, travaille chez Ericsson, après des études sans doute brillantes à l’Université Emory à Atlanta.  

Quant à Richard Wagner, décidemment profus question identité, il connaît ces jours-ci un certain succès comme pilote sur les circuits texans dans la série Emax Drag Racing.

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