LA DAME AUX CAMÉLIAS

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Portrait de CarleCoppens

J’aurais aimé avoir pour vous de meilleures nouvelles, mais honnêtement, ce blogue commence mal.

Vous ne trouverez dans les lignes qui suivent, aucune analyse savante sur La dame aux camélias, œuvre précoce (23 ans !) d’Alexandre Dumas fils ayant servi d’inspiration au livret de La traviata, cela, pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais lu La dame aux camélias. Et tant qu’à faire, par une espèce de sentiment d’équité générationnelle, j’ai aussi choisi d’ignorer les livres du père, l’Alexandre Dumas d’origine. Comme ça, nul effort à fournir pour distinguer l’œuvre du père de celle du fils, j’ignore en bloc, avec force et détermination.

Afin de faire illusion, j’ai bien été tenté de louer La dame aux camélias, une coproduction franco-italienne datant de 1981 mettant en vedette Isabelle Huppert dans le rôle de Marguerite Gautier, la dite dame aux plantes à fleurs de la famille des theaceae, mais un sentiment de trahison envers l’objet-livre, une affection soudaine pour les moyens surannés mis à la disposition des littérateurs pour donner naissance aux mondes qui les habitent (une tête, généralement la leur, du papier, un crayon) m’a étreint et c’est dans la honte que j’ai renoncé au projet. (Pour les esprits méthodiques, les contempteurs de dame Huppert ou la poignée de ceux qui ignorent encore l’existence de Wikipedia, sachez que La dame aux camélias a été adaptée 18 fois pour le cinéma ou la télé depuis 1907. À ce chiffre ronflant, il faut encore ajouter les adaptations au théâtre, les ballets et la bande dessinée, ce qui fait du roman d’Alexandre Dumas fils une véritable franchise multiplateforme, une œuvre maîtresse ayant donné naissance à une foultitude de produits artistiques dérivés - La traviata en étant la forme opératique, vous le saviez déjà.)

Ceci étant dit, je m’interroge. Pourquoi, devant un tel succès, personne n’a-t-il eu l’idée de proposer le neveu aux camélias, le grand-oncle, l’arrière petite nièce ? Vous me donnez une minute et c’est dare-dare que je file consulter les experts du licencing. J’apprends à l’instant que l’homme aux camélias est déjà utilisé par cette vidéo vue 117 fois présentant Fanch Le Moal, un passionné de camélias à Plouisy dans les côtes d'Armor qui en cultive plus de 750 variétés dans un jardin remarquable.

Mais je m’éloigne. Je vous parlais de mon ignorance.

Je pourrais profiter de l’occasion pour dresser une liste exhaustive de ce que je sais ignorer (les affluents de la Garonne, la distance exacte entre la terre et Jupiter, le nombre de petits par portée chez le ragondin). Il faudrait ensuite y adjoindre celle de tout ce que j’ignore ignorer mais ce processus acrobatique, par avance, m’épuise.

Je sais, m’étant un peu renseigné à ce sujet avant votre arrivée, qu’Alexandre Dumas fils a dû attendre l’âge de 7 ans avant d’être reconnu par ses parents. Sa mère, Catherine Laure Labay, étant tout bonnement la voisine de palier de l’Alexandre Dumas père réticent.

On ne discutera jamais assez, à mon avis, de l’influence de la proximité géographique dans les élans reproductifs de l’espèce humaine. Si le cœur vous en dit, vous pourrez potasser le sujet en tapant « Influence de la proximité géographique dans la formation des couples » sur le moteur de recherche de votre préférence

De mon côté, je vous quitte pour lire La dame aux camélias.

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