Un mariage de causes

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Portrait de pvachon

Amnistie internationale tenait le 8 décembre dernier la dixième édition de son marathon d’écriture en faveur des personnes dont les droits humains sont bafoués à travers le monde. Des milliers de cartes écrites dans 78 pays en signe de solidarité. «Aiguisez vos crayons car écrire, ça libère!» en est le thème cette année pour célébrer, le 10 décembre, la journée internationale des droits de l'homme. Cette année encore, Amnistie internationale a demandé au public, à des artistes et à des personnalités d'envoyer des cartes.

 

Le marathon se tenait dans les locaux d’Amnistie, rue Ste-Catherine, dans la Maison du développement durable. Des tables, des cartes à écrire et des crayons, même de couleurs pour les enfants. Tout autour, une armée de bénévoles s’assurait que tout roulait et guidait le public venu écrire. Aussi, toute la direction d’AI qui encadrait l’événement, un personnel empressé et généreux d’où émanait une compassion contagieuse et accueillante. L’atmosphère : humaine et émouvante, propice à la réflexion.

 

Un volet artistique ponctuait le marathon. L’Opéra de Montréal y a joint sa voix : la soprano Chantale Nurse et la pianiste Marie-Ève Scarfone. Elles ont offert trois airs d’opéra : Ebben ne andro lontana (La Wally), l’air de Mimi (La bohème) et Summertime (Porgy and Bess). Elles ont ravi les gens présents : des sourires de bonheur se lisaient sur les visages du public (parents comme enfants) venu appuyer Amnistie! Chantale Nurse a une présence magnétique, avant même d’émettre une seule note, elle domine la scène, captive l’auditoire. Quand les premières notes fusent de ce gosier béni, une sorte de magie opère, car la voix est d’une beauté singulière et l’intention, saisissante de véracité. À ses côtés, une complice hors pair au piano, attentive au moindre souffle, en symbiose parfaite avec la voix. Le ronron du lieu s’apaise pour faire place à la musique. Après chaque air, des bravos d’admiration et des applaudissements nourris.

 

L’écriture se poursuit dans l’émotion qu’engendre ce genre de moment de grâce. Merci aux artistes d’avoir participé à ce mariage de cause. L’art, c’est aussi une sorte d’engagement social, une impulsion aux actions.

 

La musique a ajouté sa dose d’humanité. C’est d’ailleurs l’une des thématiques fondamentales de l’ouvrage américain Dead Man Walking, un vibrant plaidoyer contre la peine capitale écrit par Sœur Helen Prejean d’après sa propre expérience auprès de deux condamnés à mort qu’elle a guidés spirituellement. Le livre, adapté au cinéma en 1995, est primé aux Oscars l’année suivante notamment pour le jeu bouleversant des acteurs Susan Sarandon et Sean Penn.

 

Le livre de Sœur Helen est aussi devenu un opéra de l’Américain Jake Heggie créé à San Francisco en 2000. C’est l’une des œuvres fortes du répertoire lyrique contemporain. La musique est un mélange de styles, tour à tour musique de film, musique contemporaine, musique de broadway. L’histoire reste un ardent plaidoyer contre la peine de mort, en plus d’y traiter des questions de justice, de pardon, de dignité, de mort.

 

Mardi 11 décembre, journée commémorative du 50e anniversaire des deux dernières peines de mort au Canada. Nous joignons de nouveau notre voix à celle d’Amnistie, à notre manière, dès 16 h à la Place des Arts : La dernière heure dans la vie de… Le premier jalon d’une série d’activités de sensibilisation sur le sujet, en préparation de la présentation de l’opéra en mars à l’Opéra de Montréal.

 

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