2013

Partager cet article

Portrait de pvachon

C’est le début d’une année importante et faste. Importante puisqu’elle commémore deux bicentenaires : Verdi et Wagner, deux géants de l’opéra. Faste puisque partout dans le monde, on se rappellera leurs œuvres, leur vie, leur apport à l’histoire de la musique et des idées. À l’Opéra de Montréal, la première moitié de 2013 marque le retour de l’opérette viennoise à la compagnie et propose une première québécoise et un classique français.

La chauve-souris

C’est le cœur léger que nous abordons la nouvelle année avec l’apothéose de l’opérette viennoise, La chauve-souris (Die Fledermaus) de Strauss, servie dans une distribution 100% québécoise. Quelque 140 ans après sa création, le sujet semble toujours d’actualité : il chante le désir d’échapper au quotidien et d’oublier ses soucis dans l’ivresse de la séduction. Le chef Adam Fischer parle même de La chauve-souris comme d’une allégorie de l’Art : l’œuvre nous soustrait un moment du quotidien et nous entraîne dans un monde d’ivresse, d’illusion. La chauve-souris met en scène des personnages contemporains se moquant d’eux-mêmes. Or, au moment de sa création, en 1874, dans un contexte de crise économique (la Grande dépression), cette satire des mœurs bourgeoises a paru de bien mauvais goût aux Viennois. N’empêche, dans les années qui suivent, Hambourg, Berlin et Paris la mettent à l’affiche. La chauve-souris entre au répertoire de l’Opéra de Paris en 1941 où elle a marqué les débuts, dans le rôle d’Adèle, d’Elisabeth Schwarzkopf.

Nous avons choisi de faire revivre le Montréal des années 1930, effervescent comme le champagne, avec ses clins d’œil à l’actualité (comme le veut la tradition de l’opérette) et la présence d’une invitée surprise…  Dès le 26 janvier!

 

Dead Man Walking : après le film, l’opéra.

Le film a fait un tabac en 1995. Un an plus tard, il est oscarisé grâce aux prestations de ses têtes d’affiche : Susan Sarandon et Sean Penn. En 2000, le film devient opéra, du compositeur américain Jake Heggie. Le sujet, celui de la peine de mort, suscite encore et toujours débats et discussions. Chose certaine, l’opéra provoque la réflexion partout où il est présenté, c’est-à-dire à travers le monde. C’est donc un coup magistral de notre directeur artistique de proposer au public québécois, en première, une des œuvres importantes du répertoire lyrique d’aujourd’hui avec, en prime, des chanteurs canadiens. D’ici à sa présentation en mars, une série d’activités sera organisée pour tenter de comprendre les enjeux de la peine de mort, qu’ils soient humanitaires, sociaux, philosophiques, juridiques, etc., activités qui feront intervenir des spécialistes issus de milieux différents. Parmi les moments forts de nos activités de réflexion, une table ronde avec Sister Helen Prejean, celle-là même qui a raconté son histoire et dont le récit est à la base du film et de l’opéra. Toutes les activités seront annoncées dans le calendrier du site. Entretemps, pour nourrir votre réflexion, un blogue sur le sujet est en ligne sur Voir.

 

Manon : classicisme de fin de saison

Les classiques ont toujours leur place. Pour clore notre saison, la soprano québécoise Marianne Fiset tiendra le rôle-titre dans l’opéra Manon de Massenet, comme elle le fit à Paris en alternance avec Natalie Dessay à l’Opéra de Paris, l’automne dernier. En mai.

 

Deux bicentenaires : Verdi et Wagner

D’abord Verdi, le compositeur italien le plus connu et populaire : une vingtaine d’œuvres, une figure emblématique de l’opéra et un homme politiquement engagé en faveur de la libération de l’Italie du joug austro-hongrois. Au palmarès lyrique mondial, Verdi est le compositeur le plus joué dans le monde et deux de ses opéras – La traviata et Rigoletto – figurent parmi les 10 opéras les plus représentés.

Ensuite Wagner, autre Titan. Chez lui, tout semble être message, comme chez bien des romantiques de son siècle qui scrutaient le sublime et cherchaient des réponses à leurs questionnement métaphysiques. Les couches de sens sont multiples, complexes, sorte d’écheveau quasi inextricable. Une œuvre peu abondante (en nombre, 13 seulement), mais dense de sens. Cette année, on déroule le tapis rouge à ce monstre sacré, partout dans le monde. Deux moments forts à surveiller, tous deux au Metropolitan Opera : Parsifal dans une mise en scène de François Girard (sept représentations du 15 février au 8 mars 2013) et la Tétralogie dans une mise en scène de Robert Lepage. Pour les wagnerophiles, quelques sites (en anglais) qui pourraient vous intéresser :

http://www.wagneropera.net/

http://www.wagnerjahr2013.de/en/wagner_2013.html

http://www.goethe.de/kue/mus/kla/ten/mag/en8250640.htm

 

 

Le film Le Quatuor

Voilà bien longtemps qu’un film a pris pour prétexte comique l’opéra! Il y a donc raison de se réjouir en ce début d’année avec la sortie de la comédie Le Quatuor, premier film de l’acteur américain Dustin Hoffman. Le film réunit quatre acteurs connus : Maggie Smith, Billy Connolly, Tom Courtenay et Pauline Collins. C’est l’histoire de Reggie, Wilf et Cissy qui habitent la Maison Beecham, une résidence pour musiciens retraités. Tous les ans, les résidents montent un spectacle pour célébrer l’anniversaire de Verdi, en plus de recueillir des fonds pour maintenir leur établissement. L’ex-femme de Reggie, Jean, arrive à la Maison Beecham et crée toute une commotion, jouant la diva, mais refusant de prendre part au concert. Le film prend l’affiche le 18 janvier prochain dans les deux langues au Cinéplex Forum.

 

Heureux de vous retrouver en ce début de janvier. Le champagne est déjà au frais pour la grande première le 26 janvier de La chauve-souris de Strauss.

Catégorie: 

Commentez

Facebook

Retour aux articles