un titan nommé verdi

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Portrait de pvachon

Le 27 février 1901 se tient un service commémoratif que dirige le chef itailen Toscanini. On entonne le célèbre choeur des esclaves «Va pensiero», de l'opéra Nabucco. Quelque 300 000 personnes assistaient pour rendre hommage au titan de l'opéra italien.

Quand il meurt, le nom de Verdi avait fait le tour de planète : ses œuvres étaient mondialement connues, son nom associé à la conscience de ses compatriotes ayant lutté pour l'unification de l'Italie tout au long du siècle, et tout le monde connaissait sa musique.

Dans l’histoire de la musique en général et de l’opéra en particulier, peu de personnages ont autant d’importance que Verdi : 28 opéras, 1 requiem et quelques pièces chorales et instrumentales forment un ensemble unique dans les annales de l’art. Son art ? Un mélodiste remarquable, un chant dominant qui se veut l'écho de l'âme, des personnages psychologiquement fins et une musique qui émeut, empoigne, saisit.

Aussitôt son décès annoncé, le 27 janvier 1901 à Milan à l'âge de 87 ans, une foule se masse devant son hôtel. Le sénat vote un hommage national car il fallait reconnaître la stature de Verdi :
- L’homme, qui de ses origines modestes s'était hissé au sommet de la société italienne de son temps
- Le musicien devenu le plus reconnu de son temps et la figure emblématique de l'Italie
- L’Italien dont le nom est devenu au fil du siècle synonyme de patriotisme italien. L'homme a traversé une époque historique de la vie de la nation italienne et l’avait, en quelque sorte, définie.

Le jour de ses funérailles, le mercredi 30 janvier 1901, dès 6 heures du matin, la circulation est bloquée et une longue procession chemine par les rues de la ville. Une foule immense borde son parcours : 200 000 personnes. Sa dépouille est d’abord placée temporairement au cimetière Monumentale, à côté de sa deuxième épouse Giuseppina Strepponi, jadis créatrice d'Abigaille dans Nabucco. Puis, on les transfère à la Casa di Riposo, une institution caritative pour musiciens à la retraite que Verdi fonde et finance lui-même.

Si la plupart de ses oeuvres sont tragiques, son ultime opéra, un chef-d'oeuvre, rompt avec tout ce qu'il avait alors produit au cours de sa carrière de près de 50 ans. Verdi propose un éclat de rire irrépressible : Falstaff.

Verdi a reçu plusieurs distinctions :
- sénateur d’Italie pour les services rendus à son pays
- citoyen d’honneur de la ville de Milan
- grand officier de la légion d’honneur en France

Il redonne aussi à la communauté en venant en aide aux écoles de son pays. Il créé même une bourse pour les jeunes musiciens et donne des concerts de bienfaisance à la Scala pour les victimes de désastres naturelles (crues du Pô).

Quelques voix discordantes, puis une réhabilitation

Mais il ne fait pas l'unanimité. Certains contemporains appartenant aux cercles artistiques avant-gardistes se font ses détracteurs. Ils le perçoivent comme figure dépassée et un compositeur de mélodies d’orgue de barbarie.

Wagner était alors en pleine ascension et l’opéra italien avait amorcé un virage vers le vérisme. L’art de Verdi ne trouvait plus de soutien critique ou intellectuel et seul un ensemble réduit de ses œuvres répondait aux attentes du public. Pratiquement tous les opéras des années de galère avaient disparu des scènes lyriques et certains opéras plus imposants et originaux (Don Carlo et Simon Boccanegra) étaient à peine connus.

Il faudra attendre après la 2e Guerre mondiale pour que certaines œuvres de jeunesse soient reprises et admirées. Aussi, le paysage culturel s’était transformé et on ne voyait plus l’histoire de la musique comme un simple parcours de progression. Le titan retrouve alors ses lettres de noblesse et sa place au parnasse musical.

Viva Verdi! Fêtons tous en choeur le 200e anniversaire de naissance de Verdi, né le 10 octobre 1813.

CODA

Jeudi 10 octobre à la station Berri-UQAM : joignez votre voix au choeur populaire que nous organisons pour chanter le célébrissime choeur des esclaves «Va pensiero», avec les chanteurs de l'Atelier lyrique et sous la conduite de Claude Webster, chef de choeur de l'Opéra de Montréal. Tous peuvent participer et c'est gratuit!

DATE : jeudi 10 octobre 2013, dès 16h15.
LIEU : station Berri-UQAM
Une collaboration STM-Opéra de Montréal

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