superbowl, sotchi et le wyoming

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Portrait de pvachon

L'opéra est partout ces temps-ci! 

Renée Fleming entonne l'hymne national américain lors du superbowl pour des millions de téléspectateurs. En matière de publicité, on ne peut guère souhaiter mieux pour l'opéra et sa place dans un espace incongru.

Anna Netrebko chante à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi! Divine diva, je t'adore. Elle était sublime dans sa robe bleue neige à faire entendre sa sublime voix à des milliards de téléspectateurs qui pourront au moins dire qu'ils ont entendu une voix d'opéra une fois dans leur vie. Et pas n'importe laquelle : l'une des plus belles.

Je salue les décideurs qui ont pensé à ces superstars de l'opéra pour ces événements populaires et écoutés. Lorsque la nouvelle est sortie, je me suis mis à fantasmer sur l'idée que l'opéra aura été un sujet de conversation au même titre que le sport, la politique ou le sexe. Plus on en parlera, plus on contaminera. Et plus on contaminera, plus il vivra notre art. Cela sonne comme un oxymore, mais bon... 

Au moins l'opéra aura fait vibrer des milliards de tympans le temps d'un hymne. Au moins le mot aura captivé et intrigué plutôt qu'effrayé. Au moins les gens auront entendu l'un des aspects les plus magnétiques de notre art : ces voix sublimes!

En fantasmant - et je fantasme encore en fait - sur l'idée que pendant quelques minutes l'opéra devienne un sujet de conversation, je me suis du coup mis à me répéter que le premier pas de la vraie démocratisation venait d'être franchi. C'est devenu une sorte de ver d'oreille intérieur.

J'ai toujours cru que le jour où nous parlerions opéra comme nous parlons hockey, alors un pas de géant serait franchi pour l'humanité car l'opéra occuperait sa vraie place : la véritable scène, celle de nos vies, de toutes nos vies, ces arènes moins sélectes et loin des cénacles élitistes. Culture et culture physique, dans le fond, ne sont qu'à un adjectif de distance!

Et nous en avons bien besoin ces jours-ci quand on voit certaines maisons d'opéra mourir et fragiliser le milieu, comme notre pertinence. Et pourtant!

Et pourtant la création lyrique est bien vivante : récemment à Madrid on donnait en première l'opéra Brokeback Mountain d'après le film qui a tant ému. Et voilà quelques mois le film Silent Night devenait opéra aux États-Unis... Et un endroit au Nord de l'Allemagne - la Ruhrtriennale - consacre un mois chaque été à donner une place à la création lyrique...

Il semble que l'opéra se revivifie. On ne s'en plaindra pas, au contraire. Réjouissons-nous de cette nouvelle envolée lyrique qui donne espoir. 

Est-ce à dire que la curiosité du plus grand nombre est ravivée? Que le monde s'ouvre davantage à ce qui est moins connu? Qu'il chercherait plus à connaître qu'à reconnaître?

En lui présentant ce qu'il y a de meilleur, le monde découvre un art sous ses meilleurs habits. Ça ne peut qu'aider notre cause. Comme quoi la qualité a toujours sa place, plus que jamais, à cette ère du relativisme ambiant par moments harassant où tout se vaut. La démagogie artistique, très peu pour moi. Il y a espoir que la beauté sous toutes ses formes retrouvent sa place, y compris la beauté de l'opéra.  

E viva l'opéra!

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