Le rideau est tombé

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Portrait de pvachon

La saison 1213 est terminée. Les derniers applaudissements des enthousiastes ont retenti quelques minutes encore après le tomber du rideau sur Manon. Une autre saison de diversité, la 33e.

La traviata a séduit tout le monde, même les plus sceptiques traînés de force par leur douce. Mais Le vaisseau fantôme a laissé un froid dans le dos. Wagner n'est pas encore acquis au public montréalais qui semble insatiable en mélodies et en voix. Il a donc boudé Wagner notre public montréalais. C'était pourtant notre manière de célébrer ce géant. On le fait partout dans le monde, pourquoi pas nous? Dommage que les gens n'étaient pas au rendez-vous. En revanche, il adore le divertissement notre public et a semblé comblé par l'opérette La chauve-souris. Il aime à rire notre public montréalais et s'il pleure, c'est avec un certain apparat d'époque semble-t-il. Les rires fusaient, la joie se lisait dans les visages qui émergeaient de la salle à la sortie.

 

Le choc de l'année : Dead Man Walking, opéra social qui a attiré quelque 40 % d'un public nouveau captivé par le sujet. Plusieurs avaient entendu parler du film et se demandaient ce que la musique apporterait au propos. Choc multisensoriel. Sister Helen est même venue faire un tour et nous parler de sa dernière croisade. La dame a de l'énergie à revendre. Inspirante, évidemment. Le public était convié à une expérience extrême. Toute la ville en parlait, se questionnait, s'émeuvait. C'était pourtant une oeuvre «contemporaine», mot qui fait encore si peur! Et pourtant, un certain public a osé. Etienne Dupuis a été stupéfiant de crédibilité (voix et jeu) pour ce rôle qui demande les deux à part égale. On a découvert un de nos grands chanteurs/acteurs. Il bourlingue aujourd'hui à travers le monde sur des scènes glorieuses. Jeunes et têtes grises cohabitaient dans cette salle. Moralité : la qualité, ça marche toujours. Et il faut prendre des risques.

Pour rassurer les âmes moins aventureuses et nostalgiques des crinolines : le classique français Manon. Plein la vue, plein les oreilles, avec une musique qui demande pas trop d'efforts et qui est belle. «Mademoiselle» Massenet (comme disaient les contemporains du compositeur soucieux de plaire) fut un beau cadeau de graduation.

Et le rideau est tombé sur une autre saison, belle comme Manon, étonnante comme Dead Man Walking, et, toujours, séduisante comme Traviata.

Mon blogue sera publié ponctuellement d'ici la reprise de nos activités en septembre. Temps de refaire le plein d'idées et d'émotions. Bon été.

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