Richard Strauss

MUNICH, 1864 – GARMISCH-PARTENKIRCHEN, 1949

Fils d’un des meilleurs cornistes de l’Orchestre de la cour de Munich, Richard Strauss mène de front une activité soutenue de chef d’orchestre et de compositeur. À titre de chef d’orchestre, il fait ses premiers pas en 1885 comme chef assistant à l’Orchestre de la cour de Meiningen, puis dirige le Hofoper de Munich (1886-1889), le Hofoper de Berlin (1898-1918) et le Wiener Staatsoper (1919-1924). C’est également pendant ces années de la fin du XIXe siècle que Strauss s’affirme comme compositeur et signe une dizaine de poèmes symphoniques dont Macbeth (1886-1888), Don Juan (1888-1889), Mort et transfiguration (1888-1889) et Une vie de héros (1897-1898). Il se consacre ensuite principalement à l’opéra, et ce, dès 1894, et signe alors une première œuvre, Guntram, un échec cuisant. Six ans s’écoulent avant un deuxième essai, Feuersnot (1900-1901), largement inspiré de Wagner, et qui récolte, cette fois, un franc succès. C’est également en 1900 qu’il rencontre le poète et dramaturge Hugo von Hofmannsthal (1874-1929); c’est là le début d’une collaboration légendaire qui engendrera 6 de ses 15 opéras. Avec Salomé (1905), d’après Oscar Wilde, l’un des premiers opéras inspirés d’une œuvre littéraire à peine adaptée, son langage musical se radicalise et atteint un paroxysme de modernité et d’expressionnisme musical dans Elektra (1909), la première collaboration avec Hofmannsthal. Suivent trois autres collaborations Strauss-Hofmannsthal : Le chevalier à la rose (1911), Ariane à Naxos (1912, 1916) et La femme sans ombre (1919). Vers la fin de sa vie, Strauss retourne à l’écriture orchestrale, notamment avec Métamorphoses (1945) et à la mélodie avec ses Quatre derniers lieder (1948), son génial testament.

Strauss n’a pas fait l’unanimité. Si certains encensaient son extraordinaire métier, d’autres se méfiaient de sa grande facilité, comme en témoigne un fragment de critique rapporté par le chef Wilhelm Furtwängler : « Parmi tous [ses contemporains], il est celui qui "peut" le plus, et qui "est" le moins. »