Kevin Puts

ST-LOUIS [ÉTATS-UNIS], 1972-

Kevin Puts est souvent décrit comme l’un des compositeurs américains les plus importants de sa génération. Prenant plaisir à improviser au piano dès l’âge d’environ 8 ans, il poursuit des études universitaires en piano et en composition, d’abord à la Eastman School of Music, ensuite à Yale. Son talent pour la composition est tôt reconnu : à seulement 24 ans, il est nommé simultanément compositeur-en-résidence de l’organisme new-yorkais Young Concert Artists et de la California Symphony. Puts n’a pas encore 45 ans, mais son travail a déjà été récompensé par plusieurs prix prestigieux, dont le Prix Pulitzer de musique (2012) pour son opéra Silent Night (2011) et ses œuvres sont jouées par des artistes et ensembles de renommée internationale, tels le New York Philharmonic, le Los Angeles Chamber Orchestra, le Quatuor Mirò et le violoncelliste Yo-Yo Ma.

Sa production compte une cinquantaine d’œuvres et elle se distingue par sa diversité stylistique, formelle et instrumentale. Son style musical s’inscrit, d’un côté, dans la tradition « néo-romantique » en s’inspirant de la musique du XIXe siècle, en particulier de celle de Beethoven (Inspiring Beethoven, 2001, Trio-Sinfonia, 2006, Lento Assai, 2008). Cela ne l’empêche pas d’expérimenter avec d’autres styles musicaux, tels le minimalisme ou la musique populaire (sa Troisième symphonie, « Vespertine », est inspirée de l’album homonyme de Björk).

À partir de sa Première symphonie (1999), Puts commence à intégrer ses œuvres dans un questionnement plus large sur les problématiques contemporaines, telles la violence dans les écoles (Dark Vigil, 1999), les répercussions des attentats du 11 septembre 2001 (Falling Dream, 2001 et la Deuxième symphonie, 2002), la guerre en Irak et en Afghanistan (Concerto pour clarinette, 2009), ou le réchauffement climatique (Hymn to the Sun, 2008, et Night, 2008). Son seul opéra jusqu’à présent, Silent Night, s’inscrit également dans cette lignée : il traite de l’absurdité de la guerre, de fraternité. Dans une entrevue parue dans le Denver Postle 10 avril 2009, Puts, en parlant de son approche en composition, affirme : « Essentiellement j’essaie toujours de dire quelque chose qui aura un impact sur le public […] Je ne fais pas de compromis par rapport à mon style, mais les décisions que je prends dès les premières mesures se résument par la question : Comment donner envie aux gens de continuer à écouter ? » Le succès que connaissent ses œuvres semble indiquer qu’il y a réussi.

Photo : J. Henry Fair