Camille Saint-Saëns

PARIS, 1835 – ALGER, 1921

Dans son recueil d’écrits Harmonie et Mélodie (1885), Saint-Saëns note : « Au fond, ce n’est ni Bach, ni Beethoven, ni Wagner que j’aime, c’est l’art. Je suis un éclectique. C’est peut-être un grand défaut, mais il m’est impossible de m’en corriger : on ne peut refaire sa nature ». Pianiste, organiste, compositeur, éditeur de musique ancienne, critique musical et voyageur assidu, Saint-Saëns avait en effet plusieurs cordes à son arc et une panoplie d’intérêts et de sources d’inspiration, en musique comme dans la vie.

Jeune virtuose, il commence ses cours de piano à 3 ans, compose ses premières mélodies pour voix et piano dès l’âge de 6 ans, et donne son premier concert public, avec grand succès, à 10 ans seulement. Deux ans plus tard, il entre au Conservatoire de Paris dans la classe d’orgue de François Benoist et y remporte le premier prix en 1851. La même année, il entre dans la classe de composition de Fromental Halévy. Son parcours de compositeur s’avère cependant plus laborieux. En 1852, un échec au concours du Prix de Rome diminue ses chances d’être invité à écrire un opéra, seul moyen à l’époque d’accéder au statut de compositeur d’envergure. Ce n’est que 20 ans plus tard, en 1872, que Saint-Saëns pourra enfin voir un de ses opéras, La princesse jaune, représenté sur la scène de l’Opéra Comique, à Paris. De ses 13 opéras, Samson et Dalila (1877) sera le seul à entrer au répertoire lyrique. Souvent considéré comme l’instigateur d’un renouveau de la musique instrumentale française, Saint-Saëns est plutôt connu aujourd’hui pour ses œuvres instrumentales, comme le poème symphonique Danse macabre (1874-1875), le Concerto pour piano n°4 en ut mineur (composé en 1875), ou Le Carnaval des animaux (composé en 1887). Éclectique autoproclamé, il s’inspire des œuvres du passé, mais aussi d’un « Ailleurs » imaginé lors de ses nombreux voyages, comme en témoignent sa Suite algérienne (1880-1881) ou sa fantaisie pour piano et orchestre Africa (1891). En même temps, sa cantate Feu céleste, composée à la gloire de l’électricité et présentée lors de l’Exposition universelle de 1900, ainsi que son rôle en tant que premier compositeur établi à composer de la musique de film (L'assassinat du duc de Guise, 1908) démontrent qu’il est un homme bien ancré dans son temps, tout en étant orienté vers le nôtre.